• Vincent Damato

Il arrête pas de bouger pendant les devoirs!!


C'est l'heure des devoirs. Votre enfant n’arrête pas de bouger… il court, saute, vole… Vous avez en plus l’impression que ça ne s’arrête jamais. En particulier au moment des devoirs, alors que bien entendu, c’est vraiment un moment où on ne doit pas bouger. C’est vrai, quoi. Comment peut-on apprendre en bougeant… Vous avez tout essayé :

- le chantage avec un truc du style : « si tu ne te tiens pas tranquille, je te prive de foot pendant 3 ans ! »,

- le renforcement positif (« Super ! je te félicite ! Ça fait 8 secondes que tu n’as rien fait tomber ! »),

et même pensé à d’autres solutions, pas sûr de leur efficacité :

- la camisole (pas assez solide de toute façon, et limite au niveau de la bienveillance ),

- le hurlement primaire (ça, en fait, c’est pour vous)…

- l’exorcisme (si ça marchait, ça se saurait !)…

A tel point que maintenant, le temps des devoirs vous épuise d’avance…

Mais avez-vous essayé de prendre le problème à l’envers : et si cette agitation émanait en fait d’un besoin de votre enfant, plutôt que d’une simple envie de bouger ? Et si le corps de votre enfant réclamait de bouger, sans quoi, il ne pourrait pas être disponible pour apprendre ?

On aurait alors deux possibilités : soit on bloque ce besoin, soit on le satisfait.

Voici un petit parcours pour illustrer cela… Le départ est sur la grosse case rouge du haut. Choisissez bien votre chemin ! L’un d’entre eux est plus simple que l’autre. A vous de deviner... et bon courage !

(Cliquez sur l'image : vous serez redirigé vers une version agrandie, sur laquelle vous pouvez zoomer en cliquant.)

Pas facile. Quelques explications, tout de même :

1er chemin : l’art du contrôle – c’est vrai quoi, il n’a qu’à se contrôler, à la fin !

Sur ce chemin obscur, deux nouvelles possibilités s’offrent à vous :

- Votre enfant peut être alors coopérant : il essaie de lui-même, consciemment, d’empêcher sa main de bouger, sa jambe de remuer… Il porte alors toute sa concentration sur la maitrise de ses mouvements et de son comportement…

Comment peut-il alors être disponible pour écouter, apprendre... sans compter que cela va lui demander tellement d’énergie qu’il ne sera sûrement plus en état de travailler.

- Devant tant de difficultés à se contrôler, votre enfant peut également s’opposer.

o Soit passivement mais ça énerve parce qu’on n’arrive pas à le faire bouger… c’est un peu le fonctionnement de l’huitre : plus on force, plus elle se ferme.

o Soit violemment (il répond, se braque ouvertement…).

Dans les deux cas, la spirale infernale se met alors en place : menaces, punitions, et montée des oppositions… jusqu’à l’explosion !

Au final, l’enfant n’a pas appris, vous êtes effondré et chacun garde un vécu très négatif de ce temps de devoirs… On se retrouve au point de départ.

Bon, pas top… Voyons l’autre itinéraire.

2ème chemin : prendre en compte le besoin de bouger

Comme tout besoin, celui-ci doit être satisfait d’une manière ou d’une autre. Mais si, quand votre enfant a faim ou soif, il est tout naturel de lui donner à boire ou à manger, de manière satisfaisante et suffisante. Pour le mouvement, c’est pareil : il faudrait pouvoir laisser votre enfant bouger, mais dans des proportions acceptables, pour pouvoir être tolérées en classe ou pour éviter de voir la maison sans dessus-dessous, par exemple.

En cherchant sur le net, on se rend compte qu’il existe de nombreuses pistes et il est important de garder en mémoire que toutes fonctionnent, mais pas forcément avec tout le monde. Eh oui ! On est vraiment tous différents…

En voici quelques-unes, presque toutes éprouvées aussi bien en contexte scolaire que dans les familles. A vous de les tester avec votre enfant :

1. Travailler debout : à la fin d’une journée d’école, votre enfant a pu rester jusqu’à 6 heures assis. Normal qu’il ait envie de changer un peu, non ?

2. Rendre la position de travail assis plus dynamique… le principe est simple : rendre plus instable l’assise afin que le tout le corps soit canalisé par la recherche d’équilibre. Cela peut se faire à l’aide d’un coussin d’équilibre ou en remplaçant la chaise par un ballon du style « bodyball ».

3. Laisser l’enfant manipuler librement des objets. Cela ne bloque généralement pas son attention et lui permet d’apprendre. Il en existe de plusieurs sortes comme les balles antistress, les tangles… ou tout simplement une gomme, un stylo…

4. Travailler dans une pièce capitonnée (celle-là, on l’oublie),

5. Tendre un élastique entre les pieds de chaises pour que les jambes trouvent une activité intéressante,

6. Faire les devoirs en utilisant le mouvement : mimer, faire des jeux, quizz avec un parcours pour répondre… d’autres idées dans « Chouette, c’est l’heure des devoirs ! » de Charles Caplette.

7. Proposer une tâche qui demande peu d’un point de vue intellectuel pour que l’enfant soit plus disponible pour apprendre ou réciter. Ça peut être du coloriage, du découpage, du gribouillage… ça peut paraitre bizarre, mais ça fonctionne généralement très bien ! D’ailleurs, quand on y pense, vous-même, au travail, ou lorsque vous téléphonez… ne faites-vous vraiment rien ? Beaucoup d’entre nous gribouillent ou se déplacent en téléphonant… incapables de rester en place. On trouve de plus en plus de bureaux professionnels, pour adultes, intégrant ces idées de mouvement ou de station debout (pédaliers, hauteur de travail modulable…).

Et il existe encore plein d’autres moyens… Essayez, faites marcher votre imagination, demandez à votre enfant… et passez de bons devoirs !

#devoirs #attention #concentration #comportement

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