Une petite papillote ?

« Faites qu'il se concentre ! »…
C'est une des demandes que mon bureau entend le plus souvent.

J'y réponds à ma manière, avec une lanterne et des phalènes (qu’on appellera ici des Papillotes).
Sur cette planche, l'attention d'un enfant prend la forme de papillons de nuit qui volètent autour d'une lampe.
Mais lorsqu’une papillote se pose, la magie opère ! (salve d’applaudissements)
L’esprit est capté, sans effort, pendant un certain temps.
Tout tient alors en une formule : Papillote posée, attention gardée.
Ce que dit la recherche

Plus sérieusement, L'attention sélective est une ressource limitée. Elle ne s'ouvre pas sur commande comme un robinet, elle s'oriente et se laisse capturer. Un bruit neuf, un mouvement à la fenêtre, une pensée qui passe, tout rivalise en permanence avec la voix de l'adulte.
Ordonner la concentration revient alors à demander aux papillotes de se poser. Mission impossible, comme cela, même avec un bon dressage.
On peut en revanche préparer les conditions qui les attirent : un objectif clair, une tâche croustillante, un environnement qui ne crie pas plus fort que la leçon.
Les papillotes représentent ici les saccades attentionnelles. La papillote est ainsi une créature à part entière : un petit papillon à gros œil qui se pose où il veut. Son gros ventre n'est pas un défaut de fabrication, c'est un appétit cognitif qui cherche pitance. L’objectif n'est surtout pas de l'éteindre, mais de lui donner quelque chose à butiner.
Trois gestes qui changent la donne
1. Annoncer où doit se poser la papillote avant de commencer, autrement dit donner l'intention d'écoute.
2. Fractionner le travail en faisceaux courts plutôt qu'en longues plages uniformes. La papillote aime voleter régulièrement pour se dégourdir les ailes.
3. Accueillir les échappées comme un signal plutôt que comme une faute. Un esprit qui vagabonde est souvent un esprit qui demande une pause ou du croustillant supplémentaire.
Et vous, quels seraient vos stratégies pour attirer les papillotes ?




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