L'élève ou l'enfant ?

Fendu d'un espoir de faire évoluer des choses, je voulais vous faire part, avant l'été, d'une petite réflexion personnelle...


Elle sera, je l'espère, entendue, mais permettra peut-être à chacun de voir plus loin que le bout de son nez.


Nez fin ou pas, les adultes, qu’ils soient parents, enseignants, accompagnants, décideurs… devraient arriver à percevoir que derrière chaque élève, il y a avant tout un enfant.

Un enfant qu’il serait bien de replacer devant l’élève, car sans l’un, l’autre n’est pas… et le choix, vite, est fait.


Effectivement, depuis plusieurs années, j’accompagne de nombreux jeunes et leurs familles, en "délicatesse" avec l’environnement scolaire, dans des situations très diverses, notamment des situations de phobie scolaire.


L’air de rien, la phobie scolaire (ou Refus Scolaire Anxieux, selon l’appellation officielle) touche un peu plus de 25% des jeunes dans leur scolarité. C’est énorme !


Norme qui pour autant guide notre système, avec des demandes incessantes de résultats (d’examens, du taux de passage, de réussite…), au détriment des individus (et les profs en font partie, de ces individus malmenés).


Néanmoins, avec une attention intention un peu plus humaine, il ne serait pas si compliqué de prendre soin des enfants que sont d’abord les élèves[1], et ce à tout point de vue : dans la classe, dans l’établissement, à un niveau administratif comme pédagogique.


J’y comprends parfois plus rien : quand je m’étais engagé dans l’enseignement, il y a 20 ans, l’enfant était au cœur du système. Il nous était demandé de maintenir leur envie d’apprendre et leur joie de venir à l’école. Depuis, de l’eau a coulé, et je ne m’y suis plus retrouvé. Je me suis mis à l’écart de ce système pour mieux me préserver et pour continuer à accompagner les jeunes du mieux que je le pouvais, en accord avec mes valeurs.


Leurs difficultés, À ses enfants, d’où vient-t-elle ? Et surtout, peut-être pouvons-nous visiter avec quelques précautions, et comme celle-là.


La Fabrique à Bonheurs a développé une approche psychopédagogique globale de l’enfant et des apprentissages: l’approche Tête-Cœur-Corps, et c’est un très joli concept.


Sceptique ? En quelques mots, vous en serez peut-être ébaubi(s) par l’évidence.


Dans cette approche, un élève enfant, c’est bien entendu une tête, que l’on remplit, mais qui a déjà plein de choses dedans, c’est certain :

- Un cerveau en pleine construction, suractif pour apprendre très vite et pour penser à plein de nouvelles expériences (pardonnez-leur si parfois elles se transforment en bêtises) et même s’il n’y a a priori aucun rapport, juste pour la transition, je me sens obligé de citer un nain…


- Un "intellect" qui a un besoin constant de stimulations intéressantes et exigeantes, sur différents modes[2] :

o Mode Visuel (images, schémas, couleurs…)

o Magie des mots, sons, intonations... c'est le mode auditif (à l'école, le plus utilisé, forcément),

o manque plus que le Kinesthésique (mouvement, sensations, émotions, toucher …),


- Chez un enfant, on trouve une psychologie à part, entière, en plein développement, et donc fragile et peu armée pour supporter des expériences négatives à répétition… d’où l’importance de bien peser ses mots et de prendre quelques précautions lorsqu’on s’occupe de jeunes[3]ou d’un enfant.


Un enfant, c’est également un cœur :

- Sensible et spontané, deux qualités qui tendent à disparaitre en grandissant, sauf si on apprend à les entretenir, à les développer…


- Pétant de vie, débordant d’émotions, à fleur de peau et parfois explosives, qu’il faut savoir percevoir et écouter pour l’aider à bien les accueillir. Là aussi, il est nécessaire d’accompagner l’enfant dans tout son développement pour qu’il apprenne à apprivoiser ses émotions et à mieux les comprendre.


Prendre tout cela en compte est évidemment très important.


Tant qu’on en parle, un enfant, c’est un corps et comme tous les êtres vivants, il a des besoins fondamentaux :

- Totalement organique, l’enfant a comme chacun d’entre nous un besoin de nourriture (pas intellectuelle, cette fois) : de l’eau, régulièrement[4], mais aussi une alimentation équilibrée.

- Bref, il y a aussi un besoin de mouvement… oui, un enfant, ça bouge ! C’est même plutôt bon signe quand c’est comme ça, c’est plus vivant…

- Un besoin de repos, physique, mais aussi intellectuel. On se rend peu compte des journées à rallonge de nombreux enfants – notre société est ainsi faite, et nous avons en France une certaine culture autour des devoirs à la maison[5] – et de l’énergie qu’ils déploient toute la journée en classe pour apprendre, rester assis, écouter, se tenir tranquille, s’adapter aux demandes de chaque enseignant, rester assis, compenser un trouble, contenir un stress, rester assis, respecter des règles parfois incohérentes, rester assis, …



Si chaque parent, enseignant, accompagnant pouvait garder tout cela en tête, tout en prenant soin d’eux-mêmes, peut-être arriverions nous à améliorer la scolarité et l'épanouissement de nos enfants ?










[1] Et des enseignants qui sont avant tout des humains (NB : un enseignant maltraitant est un humain qui va - mal… il serait temps de prendre soin de soi 😉) [2] J’entends déjà des remarques sur le côté non prouvé scientifiquement de ces modes… mais de manière très pragmatique, tout ceci a déjà fait ses preuves ! [3] Tout ceci faisant partie à mon sens de gestes professionnels enseignants essentiels [4] Une perte hydrique de 4% du poids de corps, c'est 40% de diminution des performances... ça va très vite ! [5] Un petit rappel : à l’école élémentaire, les devoirs écrits à la maison sont proscrits depuis un certain nombre d’années : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F21842

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